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Service public de l’énergie
SRADDET Bretagne : le PEBreizh appelle à anticiper les transformations du système énergétique régional
Dans le cadre de la 2e modification du Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET), le PEBreizh – Territoire d’Énergie Bretagne a transmis sa contribution à la Région Bretagne. Les cinq Autorités organisatrices de la distribution d’énergie réunies au sein du PEBreizh saluent une trajectoire régionale renforcée en matière de sobriété, d’efficacité énergétique et de développement des énergies renouvelables, tout en appelant à mieux anticiper les conséquences concrètes de ces évolutions sur les réseaux, les territoires et les investissements.
Une trajectoire énergétique régionale ambitieuse
Le PEBreizh partage l’ambition portée par le projet de modification du SRADDET : réduire fortement la consommation finale d’énergie tout en accélérant l’électrification des usages et la production d’énergies renouvelables. La trajectoire proposée prévoit ainsi une réduction de plus de 50 % de la consommation finale d’énergie entre 2023 et 2050, tandis que l’électricité représenterait près de 70 % du mix énergétique régional à cet horizon. Le développement de l’éolien en mer, du photovoltaïque, des réseaux de chaleur, du biométhane et de l’hydrogène traduit également une volonté de diversification du système énergétique breton. Pour le PEBreizh, cette diversification constitue un facteur de résilience. Mais elle suppose également de regarder au-delà des seuls volumes d’énergie produits ou consommés : la transformation du système énergétique aura des conséquences majeures sur les réseaux et sur les territoires.
Ainsi, la réussite de cette nouvelle trajectoire régionale reposera enfin sur sa capacité à être suivie et ajustée dans le temps. Les ambitions sont fortes et leurs effets seront différenciés selon les territoires et les secteurs. Il apparaît donc nécessaire de mettre en place des indicateurs de suivi partagés, associant notamment la Région, les autorités organisatrices de la distribution d’énergie, les gestionnaires de réseaux et les observatoires régionaux. Ces indicateurs permettraient de mesurer régulièrement les écarts entre les hypothèses prospectives et les évolutions effectivement observées, et d’adapter si nécessaire les politiques publiques et les programmes d’investissement.
Anticiper les besoins des réseaux face à l’électrification
L’un des principaux points de vigilance soulevés par le PEBreizh concerne donc l’évolution des réseaux électriques. La hausse annoncée de la consommation d’électricité paraît relativement modérée au regard de l’ampleur de l’électrification envisagée dans les transports, le chauffage ou encore l’industrie. Cette trajectoire repose notamment sur des gains importants en matière de sobriété et d’efficacité énergétique. Pour le PEBreizh, ces hypothèses devront donc faire l’objet d’un suivi régulier afin de confronter les projections aux évolutions réellement observées. Surtout, les besoins des réseaux ne peuvent pas être appréhendés uniquement à partir des consommations annuelles. L’électrification modifie également les profils de consommation et peut générer des appels de puissance plus importants et plus concentrés dans le temps : mobilité électrique, pompes à chaleur, procédés industriels, autoconsommation ou stockage.
Le PEBreizh regrette ainsi que le SRADDET fasse encore peu de place au stockage et aux flexibilités, alors que ces solutions seront essentielles pour accompagner un système énergétique de plus en plus électrifié et alimenté par des productions renouvelables variables. Les AODE proposent donc de travailler avec les gestionnaires de réseaux à une étude permettant d’objectiver les impacts de la trajectoire régionale et d’anticiper les investissements nécessaires : développement des énergies renouvelables, électrification des usages, accueil de nouveaux consommateurs et producteurs, résilience face aux aléas climatiques et baisse des consommations de gaz.
Au-delà des trajectoires de production et de consommation, la contribution du PEBreizh porte un message transversal : les réseaux doivent être considérés comme une condition de réussite de la transition énergétique et non comme une simple conséquence des choix effectués. Les évolutions induites dans le SRADDET nécessitent donc une réflexion collective associant la Région, les AODE, les gestionnaires de réseaux et les autres acteurs concernés. Pour le PEBreizh, cette réflexion pourrait déboucher sur une véritable feuille de route régionale sur l’avenir des réseaux énergétiques, permettant notamment d’optimiser les investissements entre électricité, gaz, réseaux de chaleur, bois-énergie et carburants alternatifs.
Des énergies renouvelables qui doivent rester ancrées dans les territoires
Le PEBreizh partage l’objectif de développement massif des énergies renouvelables porté par le SRADDET. Le doublement de la production renouvelable régionale constitue toutefois un défi qui nécessitera l’adhésion des habitants et une implication forte des territoires. Pour les syndicats d’énergie et Brest Métropole, les projets d’EnR doivent pouvoir être majoritairement portés par les territoires – élus, habitants, associations – en partenariat avec les acteurs privés capables d’apporter les capacités d’investissement nécessaires. Des partenariats équilibrés sont indispensables pour favoriser l’acceptabilité et permettre aux territoires de bénéficier pleinement des retombées des projets.
Le PEBreizh appelle également à poursuivre la réflexion sur les conditions de développement des énergies renouvelables dans les territoires, notamment pour le photovoltaïque sur les surfaces déjà artificialisées. La fin ou l’instabilité de certains dispositifs nationaux de soutien fragilise aujourd’hui des projets qui répondent pourtant aux objectifs régionaux. Des dispositifs locaux, tels que des CADER ou des fonds de garantie, pourraient contribuer à maintenir cette dynamique.
Biométhane et BioGNV : tenir compte des dynamiques déjà engagées
La trajectoire proposée pour le biométhane constitue un autre point d’attention. Les syndicats d’énergie bretons sont déjà engagés dans le développement de la filière BioGNV et ont réalisé des investissements importants dans les infrastructures associées. En 2025, 90 % du gaz distribué dans les stations concernées était du bioGNV. Ces infrastructures ont par ailleurs bénéficié, dès leur lancement, du soutien de la Région Bretagne et de l’ADEME. La Région accompagne également le développement du BioGNC à travers le réseau BreizhGo. Dans ce contexte, le PEBreizh considère que les perspectives du biométhane et du BioGNV doivent être appréciées en tenant compte des investissements déjà réalisés, des dynamiques territoriales engagées et de la complémentarité de cette solution avec les autres modes de décarbonation des transports.
Les AODE, des acteurs opérationnels de la transition
À travers cette contribution, les membres du PEBreizh rappellent finalement le rôle opérationnel des syndicats d’énergie dans la mise en œuvre de la trajectoire régionale. Investissement dans les énergies renouvelables, autoconsommation collective, mobilité décarbonée, rénovation énergétique, éclairage public, flexibilité ou stockage : les AODE disposent de leviers concrets pour accompagner les communes et les intercommunalités dans la déclinaison des objectifs du SRADDET.
Pour le PEBreizh, la prochaine étape doit donc être celle de la mise en œuvre : anticiper les transformations des réseaux, accompagner les territoires, sécuriser les investissements et construire une gouvernance partagée permettant de rendre la transition énergétique à la fois réaliste, désirable et territorialisée.
Pour prendre connaissance de la contribution complète du PEBeizh : PEBreizh_contribution_consultation_SRADDET_Region_Bretagne_septembre2026.pdf


