Événement
Service public de l’énergie
La Bretagne peut-elle réussir sa transition énergétique d’ici 2050 ? Les réseaux au cœur du défi
Le 24 septembre, plus de 70 commissaires enquêteurs bretons étaient réunis à Rennes à l’occasion de la journée régionale de la Compagnie des Commissaires-Enquêteurs de Bretagne. Une journée consacrée notamment aux enjeux environnementaux et énergétiques, qui s’est conclue par une table ronde autour d’une question centrale : « La Bretagne peut-elle réussir sa transition énergétique d’ici 2050 ? »
Produire plus, mais aussi consommer autrement
Parmi les intervenants, Antoine Corolleur, Vice-président de PEBreizh et Président du SDEF, a porté la voix des Autorités organisatrices de la distribution d’énergie (AODE) bretonnes.
C’était l’occasion de rappeler une réalité parfois moins visible derrière les objectifs de transition : le chantier est immense. Atteindre les objectifs énergétiques à l’horizon 2050 implique un double mouvement : produire davantage d’énergies renouvelables tout en consommant moins d’énergie et en faisant évoluer les usages.
La Bretagne doit donc encore fortement décarboner ses usages, développer les énergies renouvelables et électrifier une partie de ses consommations. Des objectifs indissociables d’un autre enjeu, parfois moins visible : la capacité des réseaux à accompagner ces transformations. La Bretagne doit aussi être capable d’accueillir cette nouvelle production des EnR&R sur ses réseaux, de sécuriser les infrastructures et d’éviter que les contraintes du réseau ne deviennent un frein aux projets territoriaux.
C’est là qu’un changement de paradigme est à l’œuvre.
Les réseaux : de la conséquence technique à la condition de faisabilité
Cette évolution conduit à changer de regard sur les réseaux. Longtemps considérés comme une infrastructure venant accompagner les projets énergétiques, ils deviennent progressivement une condition de leur faisabilité.
En Bretagne, les capacités de raccordement des producteurs connaissent notamment des tensions croissantes. Dans ce contexte, mieux utiliser les réseaux existants et développer des solutions de flexibilité deviennent des leviers essentiels. C’est tout l’enjeu du changement de paradigme qui s’opère : passer d’un système énergétique historiquement centralisé à un système davantage décentralisé, dans lequel les territoires peuvent agir à la fois sur la production, les consommations et les équilibres locaux
Nous passons progressivement d’un système énergétique largement pensé comme centralisé, à un système davantage décentralisé, où production, pilotage des consommations, autoconsommation collective, effacement et stockage doivent pouvoir dialoguer et constituent déjà des réponses concrètes.
Les AODE ont, dans ce changement, un rôle particulier à jouer : à la croisée des réseaux, de la production d’EnR et de la maîtrise des usages, elles peuvent accompagner les collectivités dans la traduction opérationnelle des objectifs énergétiques.
Et parce que 2050 est aussi une échéance climatique, il faut dès aujourd’hui préparer des infrastructures capables de fonctionner malgré les vagues de chaleur, les tempêtes, les sécheresses ou les épisodes de pluies intenses. Produire davantage, consommer autrement, adapter les réseaux et accompagner les territoires : la transition énergétique se construira nécessairement sur ces quatre dimensions.
Merci à la Compagnie des Commissaires-Enquêteurs de Bretagne pour cette invitation et pour la qualité des échanges avec les autres intervenants et aux commissaires présents.




